13  -  Autres cestodes du tube digestif

13 . 1  -  Bothriocéphalose

13 . 1 . 1  -  Définition

Elle est provoquée par une seule espèce parasite à l’état adulte du tube digestif de l’homme et de certains mammifères (chien, chat, ours…) : Diphyllobothrium latum.

13 . 1 . 2  -  Agent Pathogène

Le bothriocéphale est un grand cestode qui atteint 10 à 15 mètres.

Figure 15 : Diphyllobothrium latum (bothriocéphale) - adulte


Le scolex présente deux fentes longitudinales, les bothridies. Les derniers anneaux de la chaîne, qui peuvent en comporter jusqu’à 4000, plus larges que longs, ont un aspect trapézoïdal. Le pore génital de chacun d’eux, bien visible à l’image, est médian et ventral.

Figure 16 : Détail des anneaux

13 . 1 . 3  -  Cycle

Il vit au niveau de l’intestin grêle. Sa longévité est de l’ordre de 10 ans, mais peut être beaucoup plus importante. A la différence des autres cestodes parasites de l’homme, les anneaux du bothriocéphale émettent des œufs, en très grand nombre. Ces œufs de 60-70 µm de long sur 40-45 µm de large, sont operculés et non embryonnés à la ponte. Ils sont éliminés dans le milieu extérieur avec les matières fécales.

Figure 17 : Oeuf [60-70 x 40-45 µm]

                L’évolution est obligatoirement aquatique. Après maturation, l’œuf libère dans l’eau un embryon hexacanthe cilié, le coracidium, La poursuite du cycle implique l’ingestion de ce coracidium par un crustacé copépode d’eau douce (genres Cyclops et Diaptomu).

Cycle bothriocéphalose

             L’embryon libéré dans le tube digestif du copépode, traverse la paroi de celui-ci et va évoluer dans la cavité générale en première forme larvaire, la larve procercoïde (400 µm environ), à l’extrémité  de laquelle pourront être observés pendant un certain temps les six crochets embryonnaires, qui finiront par disparaître.
        La larve procercoïde arrivée à maturité chez le cyclops dans un délai d’une quinzaine de jours doit alors être ingérée avec son hôte, par un poisson d’eau douce. Elle se transforme alors en une larve macroscopique, de 1 à  2 cm, présentant des bothridies et une amorce de segmentation : c’est la forme plérocercoïde. Elle se développe dans les tissus du poisson (surtout espèces carnivores : brochets, perches, salmonidés).
       Cette forme plérocercoïde constitue la forme infestante pour le mammifère – hôte définitif. Si le poisson porteur est ingéré par un autre poisson plus gros, la plérocercoïde se réencapsule dans ce deuxième poisson qui sera alors à l’origine de la contamination.

L’homme (et d’autres carnivores ichtyophages) va se contaminer par ingestion d’un poisson cru, peu cuit, fumé ou insuffisamment salé contenant la forme larvaire infestante. Libérée dans le tube digestif, la larve infestante croît et donne la forme adulte dans un délai de 4 à 6 semaines. Le chien, le chat, le porc, ainsi que d’autres mammifères sauvages (renards, ours), sont également réceptifs, la taille du parasite adulte s’adaptant à celle de son hôte (50cm à 1 m au plus par exemple chez le chat).

13 . 1 . 4  -  Répartition géographique

La bothriocéphalose existe dans de très nombreuses régions d’Europe, d’Afrique et d’Asie essentiellement dans les régions lacustres, sous tous les climats. En Europe, les principaux foyers s’observent dans les pays nordiques ou baltiques. Elle existe en Roumanie (delta du Danube) mais semble en nette progression dans la région des lacs en Suisse et en Italie. Des cas sporadiques sont rapportés en France à partir de poissons importés.

13 . 1 . 5  -  Clinique

Ce parasite, en dépit de sa grande taille, est souvent relativement bien toléré. Outre les manifestations classiques de taeniasis (nausées, douleurs abdominales, poussées de diarrhée, trouble de l’appétit), le sujet porteur de bothriocéphale peut présenter une anémie de type macrocytaire et mégaloblastique, due à la fixation par les tissus du parasite de la vitamine B12 apportée par l’alimentation. Cette anémie est cependant rare et ne s’observe que dans les régions où le régime alimentaire de l’homme est déjà carencé en vitamine B12.

13 . 1 . 6  -  Diagnostic biologique

Il repose sur la recherche des œufs dans les matières fécales. Le diagnostic est facile compte tenu du nombre élevé d’œufs pondus chaque jour.

13 . 1 . 7  -  Traitement

On utilise le niclosamide (Trédémine®) (cf. Teniasis).
En cas d’anémie la vitamine B12 doit être prescrite.

13 . 1 . 8  -  Prophylaxie

Elle consiste à éviter la consommation de poissons crus, peu cuits, fumés ou insuffisamment salés. La parasitose peut également être contractée lors de l’ingestion des œufs de certains poissons carnivores (faux caviar) mais la larve de 2 cm est facile à repérer.

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