3  -  Conduite de l’examen d’une femme consultant pour des leucorrhées anormales

3 . 1  -  Interrogatoire

Il renseigne sur : 

  • les caractéristiques de l’écoulement : 
  • les signes fonctionnels d’accompagnement : 
  • les circonstances de survenue : 
  • les signes éventuels chez le partenaire (rougeur, brûlure, écoulement, irritation).

3 . 2  -  Examen clinique

L’inspection de la région vulvaire, vestibulaire et périnéale recherchera une inflammation vulvaire, des lésions de grattage, des vésicules ou des ulcérations.

3 . 2 . 1  -  Examen au spéculum

L’examen au spéculum permettra d’analyser l’écoulement (aspect, abondance, couleur), d’apprécier l’aspect de la glaire cervicale (limpide, louche), d’évaluer l’état de l’épithélium vaginal et cervical et de réaliser des prélèvements à des fins d’examen direct au microscope et pour analyses en laboratoire. Le frottis de dépistage n’est pas optimal dans des conditions d’infection mais pourra être réalisé chez une patiente mal ou non suivie.

3 . 2 . 2  -  Examen direct au microscope

C’est un examen facile à réaliser et qui est très informatif. Le prélèvement est étalé sur une lame avec une goutte de sérum physiologique. On peut ainsi visualiser un trichomonas, des fragments mycéliens ou des leucocytes.

3 . 2 . 3  -  Test à la potasse (Sniff test)

Il consiste à ajouter sur le prélèvement étalé sur lame une goutte de potasse à 10 %. Cette potasse permet de lyser les corps cellulaires et ainsi de mieux voir les éléments mycosiques et surtout dégage une odeur de poisson pourri très évocatrice de la présence conjuguée d’anaérobies et de Gardnerella vaginalis signant une vaginose bactérienne.

3 . 2 . 4  -  Le toucher vaginal recherchera une douleur à la palpation ou à la mobilisation de l’utérus et des annexes caractéristiques d’une IGH.

Le toucher vaginal recherchera une douleur à la palpation ou à la mobilisation de l’utérus et des annexes caractéristiques d’une IGH.

3 . 2 . 5  -  Conclusion

Les données de l’examen clinique et de l’examen direct au microscope (quand il peut être fait) suffisent dans un grand nombre de cas pour faire le diagnostic étiologique et ainsi permettre l’instauration d’un traitement.

3 . 3  -  Indications du prélèvement vaginal adressé au laboratoire

Il n’est pas indispensable mais souvent nécessaire : 

  • si les signes cliniques ne sont pas typiques ;
  • si l’examen direct retrouve de nombreux leucocytes sans agent identifié ;
  • s’il existe des signes d’IGH ;
  • en cas d’urétrite chez le partenaire ;
  • en cas d’échec d’un premier traitement médical ou de récidive des symptômes ;
  • si la leucorrhée a déjà motivé des consultations antérieures.

Quels types de prélèvement ? 

  • prélèvement vaginal standard à la recherche d’une candidose, d’une vaginose (importance du score de Nugent qui évalue la flore lactobacillaire) ou d’une vaginite ;
  • recherche des IST : Chlamydia trachomatis, gonocoque ou Mycoplasma genitalium par technique d’amplification génique sur un prélèvement vaginal ;
  • prélèvement endocervical en cas de suspicion d’IGH (sur milieu de transport type Portagerm®).

Le suivi post-thérapeutique ne nécessite pas de contrôle systématique par prélèvement sauf en cas de persistance des signes.

Sérologies des autres IST : il s’agit d’examens spécifiques en fonction des orientations diagnostiques et du contexte : HIV, antigène HBS, TPHA, VDRL.

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