3. 1. 2 - Étiologie

Il est idiopathique dans plus de 50 % des cas. L’étiologie peut être :
– traumatique : cal vicieux, séquelles de fractures du radius, activités professionnelles (tableau n° 57 des maladies professionnelles) ou sportives répétitives ;
– endocrinienne : grossesse, hypothyroïdie, diabète ;
– rhumatismale : ténosynovite inflammatoire (polyarthrite rhumatoïde), infectieuse (tuberculose), arthrose, kyste synovial ;
– ou par dépôts intracanalaires de microcristaux : goutte, chondrocalcinose, apatite, amylose.

3. 1. 3 - Traitement

Le traitement étiologique est de mise chaque fois que possible. Le traitement médical, indiqué dans les formes sensitives pures, associe le port nocturne d’une attelle de repos, immobilisant le poignet et les doigts en position neutre, et une injection de corticoïdes dans le canal carpien (entre les tendons du grand et du petit palmaires, en regard du second pli palmaire, aiguille inclinée à 45° en bas). Le traitement chirurgical — d’emblée dans les formes déficitaires ou avec amyotrophie et les formes compressives — consiste en une neurolyse du nerf médian après section du ligament annulaire antérieur du carpe. Tout prélèvement doit être analysé en anatomopathologie. Le traitement prophylactique (attelle de fonction, aménagement de poste) est indiqué en cas d’activité professionnelle favorisante (mouvements répétés du poignet, utilisation d’appareils vibrants).

3. 2 - Autres syndromes canalaires

3. 2. 1 - Syndrome de la loge de Guyon (compression du nerf cubital au poignet)

Il correspond à la compression du nerf cubital au poignet (à distinguer d’une compression dans la gouttière rétro-olécrânienne au coude) ; beaucoup plus rare que le syndrome du canal carpien, il est le plus souvent idiopathique et peut se manifester par des paresthésies et douleurs du cinquième doigt, reproduites à la percussion du pisiforme, des signes déficitaires à l’éminence hypothénar, des anomalies du nerf cubital à l’EMG. Le traitement repose sur la réalisation d’infiltrations de corticoïdes et sur la libération chirurgicale en cas d’échec ou de signes déficitaires.

3. 2. 2 - Au membre supérieur

Il peut s'agir :

– de la compression de la branche postérieure du nerf radial sous l’arcade du court supinateur, se traduisant par une « épicondylalgie latérale » ;
– de radiculalgie C8-D1 dans un syndrome de la traversée thoracobrachiale ;
– du syndrome du nerf supra-scapulaire : scapulalgie et amyotrophie de la loge sus-épineuse.

3. 2. 3 - Au membre inférieur (plus rares)

On peut citer :

– Méralgie paresthésique : compression du nerf cutané latéral (fémorocutané) responsable d’une hypoesthésie en raquette à la face externe de la cuisse ;
– Syndrome du canal tarsien : compression du nerf tibial postérieur ;
– Syndrome de Morton : nerf digital dans le tunnel intermétatarsien ;
– Syndrome d’Alcock : compression du nerf honteux.


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