3 . 4 . 3 . 4  -  Évolution spontanée

L’évolution spontanée est, dans la grande majorité des cas, favorable et il est important d’en avertir les malades. Il est exceptionnel qu’elle conduise à une invalidité marquée dans les activités quotidiennes.
Elle peut conduire à un handicap sévère dans les activités professionnelles lorsque celles-ci nécessitent une sollicitation importante du rachis. C’est ce qui fait l’importance du retentissement socio-économique en particulier chez les travailleurs de force et justifie son traitement précoce et aussi efficace que possible.

3 . 4 . 3 . 5  -  Traitement des lombalgies communes chroniques

Le traitement médicamenteux est uniquement symptomatique, par voie locale ou générale (HAS, 2000) :
– les médicaments antalgiques peuvent être proposés, en commençant par des antalgiques de classe I à posologie optimale ;
– les anti-inflammatoires non stéroïdiens et les myorelaxants sont réservés aux poussées subaiguës ;
– les infiltrations péridurales de dérivés corticoïdes peuvent être utiles lors des poussées ;
– la corticothérapie générale n’a aucune place ;
– le traitement médicamenteux peut faire appel aux tricycliques, les lombalgies chroniques ayant un retentissement psychologique quasi-constant ;
– des techniques physiques de relaxation, une psychothérapie ou une thérapie comportementale peuvent être utiles ;
– le repos doit être limité et non inutilement poursuivi ;
– les massages, la physiothérapie ont peu d’indications ;
– les tractions vertébrales n’ont d’intérêt que lors des poussées subaiguës ;
– les manipulations vertébrales peuvent avoir un effet antalgique à court terme. Elles doivent être réalisées dans les conditions notées plus haut ;
– le soutien lombaire par une ceinture de maintien en tissu baleiné peut contribuer au soulagement des douleurs et à la reprise des activités, mais ne doit pas être un traitement de première intention. L’immobilisation en corset rigide n’a pas d’intérêt ;
– le thermalisme peut être proposé car il a un effet antalgique et contribue à restaurer la fonction.

La rééducation est un élément essentiel du traitement : rééducation active avec gymnastique de renforcement des muscles du tronc et du segment lombopelvien, étirements, entretien articulaire lombaire, correction des troubles statiques (techniques d’adaptation posturale), apprentissage des techniques d’ergonomie rachidienne (verrouillage de la charnière lombo-sacrée en particulier). Le succès de cette rééducation nécessite l’éducation du patient, sa formation à des  techniques à effectuer seul et, surtout, son implication active pour poursuite ultérieure de ces exercices à domicile. Une série initiale de 15 séances en moyenne est suffisante.

Des prises en charge multidisciplinaires associant des séances d’éducation et de conseil, des exercices physiques intensifs et une prise en charge psychologique sont recommandés (HAS, 2000).

La chirurgie doit rester d’indication tout à fait exceptionnelle. En particulier, il n'y a pas lieu de proposer une discectomie chez un patient souffrant de lombalgies sans atteinte radiculaire, même si une imagerie a montré une hernie discale.Les interventions proposées sont, le plus souvent, des arthrodèses intervertébrales. Les résultats, à moyen et long terme, sont inconstants et on risque d’aggraver l’état du malade et d’entraîner une invalidité plus sévère.

3 . 4 . 4  -  Lombalgies d’origine articulaire postérieure

Elles font partie des lombalgies communes, mais méritent d’être individualisées du fait de certaines particularités cliniques et évolutives.

3 . 4 . 4 . 1  -  Particularité clinique : le syndrome trophostatique de la post-ménopause

C’est la forme typique associant, chez les femmes, un excès pondéral, une hypercyphose dorsale et une hyperlordose lombaire par relâchement musculoligamentaire, entraînant une augmentation des contraintes à la partie postérieure du rachis, génératrice d’arthrose interapophysaire postérieure.
Les douleurs lombaires basses irradient souvent aux fesses, aux cuisses, parfois aux jambes, mais sans atteindre le pied. Elles débutent souvent de façon insidieuse et évoluent d’emblée sur un mode chronique. Elles sont volontiers à type de brûlures, aggravées par les contraintes mécaniques, parfois exacerbées en fin de nuit et au réveil car le décubitus dorsal majore la lordose lombaire.
L’examen clinique est généralement pauvre. Il est fréquent de trouver dans le territoire douloureux, un syndrome cellulomyalgique : cellulalgie douloureuse à la manÅ“uvre du pincé-roulé, cordons indurés douloureux à la palpation des masses musculaires.

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