3 . 2  -  Examen physique

Le malade est debout, examiné de profil et de dos :
– recherche d’un trouble de la statique rachidienne, dans le plan sagittal (hyperlordose lombaire, plus rarement cyphose) et frontal (scoliose, attitude scoliotique) ;
– étude des mobilités du rachis lombaire ;
– recherche de contractures musculaires paravertébrales et de points douloureux à la palpation rachidienne ;
– recherche de signes de souffrance radiculaire ;
– recherche d’un syndrome cellulo-téno-myalgique, de signes de souffrance des articulations sacro-iliaques et coxofémorales ;
– examen général.
Au terme de cet examen clinique, aucun examen complémentaire ne doit être systématiquement demandé s’il n’y a pas d’orientation clinique précise le justifiant.

3 . 3  -  Techniques d’imagerie du rachis lombaire

Les radiographies simples doivent toujours être réalisées avant toute autre imagerie. Elles apprécient la statique rachidienne, la dégénérescence discale, montrent les anomalies morphologiques congénitales ou acquises et la plupart des lombalgies symptomatiques.
Elles peuvent être complétées, selon le cas, par un scanner, une IRM ou une scintigraphie osseuse. Les autres explorations (saccoradiculographie, discographie) ont des indications très limitées.

3 . 4  -  Lombalgies communes

3 . 4 . 1  -  Épidémiologie

Les lombalgies communes sont extrêmement fréquentes car 60 à 90 % de la population adulte en souffre ou en a souffert. La prévalence est maximale entre 55 et 65 ans.

Les efforts répétés, les antécédents de traumatisme, les vibrations, le tabagisme, l’alcoolisme, un bas niveau social et d’éducation, l’instabilité familiale et professionnelle, les antécédents de maladies psychosomatiques sont des facteurs favorisants. L’insatisfaction au travail est un facteur essentiel augmentant la fréquence et le risque de chronicité.

3 . 4 . 2  -  Lumbago

3 . 4 . 2 . 1  -  Définition

Le lumbago, ou lombalgie aiguë, est le tableau le plus fréquent. Il se caractérise par une douleur lombaire basse, survenant de façon brutale à l’occasion d’un effort, avec sensation de blocage, et s’accompagne d’une impotence fonctionnelle majeure, la douleur parfois intense pouvant n’être soulagée qu’en décubitus. Les efforts de toux et de défécation sont souvent à l’origine de paroxysmes douloureux.
L’examen clinique montre souvent une attitude antalgique. La limitation des mobilités est importante mais, fait essentiel, élective ou largement prédominante dans un ou deux secteurs. L’examen clinique doit rechercher des signes d’irritation radiculaire et des signes neurologiques déficitaires des membres inférieurs ou périnéaux, qui n’existent pas dans le lumbago. À noter que la manÅ“uvre de Lasègue peut provoquer une douleur, mais dans la région lombaire et non pas selon un trajet radiculaire.

3 . 4 . 2 . 2  -  Examens complémentaires

Selon 1 HAS, 2000. Prise en charge diagnostique et thérapeutique des lombalgies et lombosciatiques communes de moins de trois mois d'évolution (http://www.has-sante.fr/portail/display.jsp? id=c_272083), il n’y a pas lieu de faire d’examen d’imagerie devant une lombalgie de moins de 7 semaines d’évolution (donc devant un lumbago), sauf lorsque certains éléments amènent à rechercher une lombalgie symptomatique (fracture vertébrale, néoplasie, infection) ou lorsque les modalités du traitement choisi (manipulation vertébrale) exigent d’éliminer formellement toute lombalgie spécifique.

Donc, en pratique :
– soit le lumbago est typique et on ne fait pas de bilan complémentaire ;
– soit il existe des éléments pouvant faire discuter une fracture vertébrale, notamment ostéoporotique (facteurs de risques d’ostéoporose, sujet âgé) et on réalise des clichés radiographiques ;
– soit il existe des éléments pouvant faire craindre une pathologie tumorale ou infectieuse (antécédents néoplasiques, âge supérieur à 50 ans, immunodépression, altération de l’état général, fièvre, douleur d’horaire inflammatoire, résistance au traitement…) et on fait des radiographies simples, une vitesse de sédimentation, une numération-formule sanguine, éventuellement une protéine C réactive.

1. HAS, 2000. Prise en charge diagnostique et thérapeutique des lombalgies et lombosciatiques
communes de moins de trois mois d’évolution :
http://www.has-sante.fr/portail/display.jsp?id=c_272083

3 . 4 . 2 . 3  -  Évolution

L’évolution se fait, dans la très grande majorité des cas, vers la régression en quelques jours, même s’il persiste des lombalgies épisodiques.

3 . 4 . 2 . 4  -  Traitement

Le traitement du lumbago est toujours médical. Le repos n’est pas un traitement du lumbago. Il est parfois imposé par l’intensité des douleurs, mais doit être le plus bref possible et ne doit pas être prescrit systématiquement. La poursuite des activités ordinaires compatibles avec la douleur semble souhaitable (HAS, 2000).
Le traitement médicamenteux symptomatique peut associer antalgiques, antiinflammatoires non stéroïdiens, myorelaxants. Les massages et la rééducation n’ont pas de place à la phase aiguë.
Les manipulations vertébrales peuvent être efficaces, mais ne peuvent être réalisées que si des clichés radiographiques ont été réalisés et si le diagnostic de lombalgie commune est certain.
Dans de rares cas, la persistance d’une douleur intense peut justifier des infiltrations péridurales de dérivés corticoïdes.
La persistance anormale d’une incapacité fonctionnelle marquée peut justifier la confection d’une orthèse lombaire (lombostat rigide, plâtré ou en résine). Le port d’une ceinture de soutien lombaire en coutil baleiné, à l’occasion des efforts professionnels ou de loisir, peut être utile dans les formes récidivantes.
Il n’y a pas de place pour le traitement chirurgical dans le lumbago, y compris si un scanner ou une IRM a montré une hernie discale.

1. HAS, 2000. Prise en charge diagnostique et thérapeutique des lombalgies et lombosciatiques communes de moins de trois mois d’évolution : http://www.has-sante.fr/portail/display.jsp?id=c_272083

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