4  -  Quand faut-il évoquer le diagnostic de lupus ?

Le diagnostic initial peut être difficile mais il doit être fait précocement car certaines manifestations viscérales peuvent mettre en jeu le pronostic vital. Le début d’un LED peut être progressif, marqué par l’apparition successive de plusieurs signes cliniques, ou assez brutal, déclenché par une exposition solaire, une grossesse, un épisode infectieux, un traumatisme psychique ou physique ou la prise d’un médicament. Différentes manifestations clinicobiologiques peuvent faire évoquer un lupus. Leur prévalence est résumée dans la figure 14.1. Aucune lésion n’est constante et les pourcentages indiqués correspondent à la prévalence tout au long de l’évolution de la maladie.

Fig. 14.1. Principaux signes clinicobiologiques caractéristiques du lupus systémique
AAN, anticorps antinucléaires ; AHAI, anémie hémolytique auto-immune ; SAPL, syndrome des antiphospholipides associés à un lupus (30 % des lupus). La maladie auto-immune associée au lupus la plus fréquente est le syndrome de Gougerot-Sjrögren.

4 . 1  -  Circonstances cliniques évocatrices

4 . 1 . 1  -  Signes généraux (50 à 80 % des cas)

 Au cours de l’évolution de la maladie, il est fréquent d’observer des signes généraux (fièvre, asthénie, anorexie). Il s’agit souvent de signes d’évolutivité de la maladie.

4 . 1 . 2  -  Manifestations articulaires et osseuses (60 à 90 % des cas)

Les manifestations articulaires et osseuses sont fréquentes, polymorphes et souvent inaugurales. Il s’agit d’arthralgies migratrices des petites articulations (doigts et poignets) (25 %), assez souvent d’arthrites (65 % des cas) avec parfois un véritable tableau de polyarthrite qui se différencie de la polyarthrite rhumatoïde par l’absence de synovite importante et surtout d’érosions osseuses. Exceptionnellement, on observe des déformations liées à une subluxation des tendons des doigts dénommée rhumatisme de Jaccoud (figure 14.2). Des ténosynovites (surtout des fléchisseurs des doigts) sont possibles.

Les atteintes osseuses sont beaucoup plus rares (5 % des cas). Il s’agit essentiellement d’ostéonécroses aseptiques (tête fémorale, tête humérale) qui sont habituellement induites par la corticothérapie. Ces ostéonécroses pourraient être plus fréquentes quand il existe un syndrome des antiphospholipides.

Fig. 14.2. Lupus érythémateux disséminé. Arthropathie lupique avec main de Jaccoud
4/13