1. 4 - Otalgies : les lésions de l’oreille externe

1. 4. 1 - Au niveau du pavillon

Au niveau du pavillon, l’inspection corrélée aux circonstances d’apparition reconnaît facilement :

1. 4. 2 - Au niveau du CAE

Au niveau du CAE, le diagnostic passe par un examen otoscopique soigneux :

Figure 4 et 5
Otoscopie d’une otite externe mycotique aspergillaire (droite) ou à candida (gauche). Le conduit est inflammatoire, sténosé.

1. 5 - Otalgies : les lésions de l’oreille moyenne

1. 5. 1 - Otite moyenne aiguë

Cf. infra.

1. 5. 2 - Catarrhe tubaire

Il correspond à un dysfonctionnement de la trompe d’Eustache lié à :
L’otalgie est associée à une autophonie, une hypoacousie, une sensation d’oreille bouchée. L’otoscopie note une congestion ou une légère rétraction du tympan, à un degré de plus des signes d’OSM (otite séromuqueuse). L’ impédancemétrie montre un décalage du tympanogramme vers les pressions négatives (courbe C) (cf. OSM).

1. 5. 3 - Myringite phlycténulaire

Elle est habituellement virale. Elle est caractérisée par la présence de phlyctènes sur la membrane tympanique. L’otalgie, très vive, peut parfois céder à la ponction de ces phlyctènes sous antibiothérapie.

1. 5. 4 - Otalgie après instillation de gouttes auriculaires

Elle traduit une perforation tympanique quelquefois méconnue par le patient.

1. 5. 5 - Otite chronique

Elle n’est pas douloureuse en soi, mais peut le devenir lors d’un épisode de surinfection par contamination au cours d’une baignade, par exemple. L’examen du tympan est rendu difficile à cause de l’otorrhée. Le traitement antibiotique permet d’assécher l’oreille pour réaliser une otoscopie précise et définir le type exact d’otite chronique en cause (cf. otites chroniques).

1. 5. 6 - Mastoïdite

Elle se traduit par une douleur persistante spontanée ou provoquée de la pointe de la mastoïde au décours d’une otite. Cliniquement, l’élément pathognomonique est la tuméfaction inflammatoire rétro-auriculaire responsable d’un décollement du pavillon. Son traitement repose sur la mastoïdectomie associée à une antibiothérapie à large spectre (cf. OMA).

1. 5. 7 - Pétrosite

Elle est devenue encore plus rare. Parmi les signes essentiels, on retient la persistance sur une oreille opérée (le plus souvent de mastoïdectomie) d’un écoulement tenace et nauséabond, et de douleurs constantes pulsatiles de la région temporopariétale parfois associée à une paralysie du VI (syndrome de Gradenigo).

1. 5. 8 - Pathologie tumorale

Elle peut siéger en n’importe quel point de la région auriculaire du CAE et de l’oreille moyenne. Les tumeurs malignes du CAE et de l’oreille moyenne sont rares. L’intensité de l’otalgie est variable. Ces tumeurs se révèlent plutôt par la modification d’une otorrhée chronique devenant très hémorragique, associée à une hypoacousie. L’otoscopie montre l’existence d’une masse tumorale dans le CAE, saignant parfois au contact. La biopsie permet le diagnostic (adénocarcinome, épithélioma spinocellulaire, céruminome). Malgré un traitement radiochirurgical, le pronostic de ces tumeurs reste redoutable. Parmi les tumeurs bénignes, les tumeurs du glomus jugulaire n’entraînent pas à proprement parler d’otalgie, mais sont plutôt responsables d’acouphènes, quelquefois étiquetés à tort otalgie par les patients à cause de la gêne qu’ils entraînent.


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