2  -  Période d’activité génitale

2 . 1  -  Cycle menstruel : généralités

Le cycle menstruel est l'ensemble des phénomènes physiologiques de la femme préparant son organisme à une éventuelle fécondation et survenant le plus souvent de façon périodique.
La manifestation la plus visible de ces modifications est la menstruation. Le cycle menstruel commence à la puberté et se termine à la ménopause par épuisement des follicules ovariens et par augmentation de résistance des follicules ovariens à l'action des gonadotrophines.
Une jeune fille est ménarche en moyenne à l’âge de 12.6 ans . Il existe de grandes variations familiales.
Ce cycle est contrôlé par des hormones. Sa durée de référence est de 28 jours pour les femmes des pays occidentaux mais ne constitue qu'une moyenne commode (28 jours = 4 semaines) et ne représente ni la moyenne, ni le mode de sa distribution dans le monde. En Inde, sa moyenne (avec écart-type) a été mesurée à 31,2 ± 3,2 jours en 1974 et à 31,8 ± 6,7 jours dans une étude de 1992.
On accorde un caractère pathologique à des durées de plus ou moins 4 jours.
La durée des menstruations (règles) est de 4 à 6 jours.

2 . 1 . 1  -  Explorations du cycle menstruel : d'un point de vue clinique

Observation de la glaire cervicale :
Les propriétés physiques de la glaire cervicale varient au cours du cycle menstruel sous influence hormonale.
En phase folliculaire débutante (avant l'ovulation), la glaire cervicale présente un maillage étroit. De plus, l'orifice externe du col de l'utérus est fermé.
En phase pré-ovulatoire, sous l'influence des ┼ôstrogènes, la glaire cervicale est lâche, elle est transparente, son abondance et sa filance augmentent ; ce qui permet l'ascension des spermatozoïdes. À ce moment du cycle, l'orifice externe du col de l'utérus est ouvert.
En phase lutéale, sous l'influence de la progestérone (sécrétée par le corps jaune), la glaire cervicale devient moins abondante et sa viscosité augmente.

2 . 1 . 2  -  Explorations du cycle menstruel : d'un point de vue de la prise de température

Il existe des variations thermiques au cours du cycle menstruel ; le relevé quotidien de la température permet d'établir une courbe ménothermique. Lors de l'ovulation, on a augmentation de la température corporelle d'à peu près 0,5 °C, et donc à ce moment-là, la femme saura qu'elle est en phase ovulatoire ; cette montée thermique n'est pas prédictive d'une ovulation, mais permet, avec retard, d'affirmer qu'il y a eu une ovulation.

Figure 3 : Courbe thermique biphasique
Source : UVMaF
Figure 4 :
Source : UVMaF

Les autres modes d’explorations peuvent être échographique, biologique et histologique en cas de troubles de l’ovulation.

2 . 2  -  Régulations hormonales

Pendant la deuxième moitié du cycle précèdent, le taux élevé d'oestradiol (E2) et de progestérone agissant via l'axe hypothalamo-hypophysaire supprime la production de FSH et de LH par la glande pituitaire. La production déclinante d'oestradiol et de progestérone par le corps jaune à la fin du cycle élimine cette suppression et le taux de FSH augmente.
Les follicules dans les ovaires nécessitent un seuil de FSH au-dessous duquel aucune stimulation ne se produit. Initialement les valeurs de FSH sont inférieures à ce seuil, mais elles augmentent lentement jusqu’à ce que le seuil soit franchi et dès lors qu'un groupe de follicules est stimulé vers une croissance active. Plusieurs jours de croissance sont nécessaires avant que les follicules commencent à produire l'estradiol qui est sécrété dans le flux sanguin et atteignent l'hypothalamus pour fournir le signal indiquant que le seuil a été atteint. Il y a aussi un taux intermédiaire de production de FSH qui doit être dépassé avant qu'un follicule ne soit porté à sa réponse ovulatoire complète, et un taux maximum qui ne doit pas être dépassé sinon trop de follicules sont stimulés et plusieurs ovulations se produisent. Le taux maximum est seulement de 20 % au-dessus du seuil et en conséquence un contrôle rétroactif précis de la production de FSH par les ┼ôstrogènes produits par les follicules est essentiel.
Proche de l'ovulation, le follicule dominant produit rapidement des taux croissants d'estradiol. Cette hormone stimule la production de glaire cervicale et supprime aussi la production de FSH qui passe sous la valeur du seuil, retirant ainsi l'apport nécessaire aux autres follicules qui sont en compétition pour la course à l'ovulation.
La chute du taux de FSH provoque aussi un mécanisme de maturation au sein du follicule dominant qui rend celui-ci réceptif à la seconde gonadotrophine hypophysaire, la LH.
Le taux élevé d'estradiol active par ailleurs un mécanisme rétroactif positif dans l'hypothalamus qui entraîne une décharge massive de LH par la glande pituitaire. Cette décharge de LH est le déclic qui initie la rupture du follicule (ovulation) généralement de 24 à 36 heures après son commencement. La production ovarienne d'estradiol chute brutalement entre l'intervalle séparant le pic de LH et l'ovulation.
Après l'ovulation, le follicule qui s'est rompu est transformé en corps jaune, et la production de la seconde hormone ovarienne, la progestérone, augmente rapidement en même temps que celle d'estradiol. Cette progestérone provoque le changement brutal dans les caractéristiques de la glaire cervicale. La disparition du corps jaune (aux environs du 26e jour) du cycle ovarien (en cas de non fécondation) provoque l'arrêt de la synthèse de progestérone et induit la desquamation d'une partie de l'endomètre qui s'étend sur une période de 3 à 5 jours et se caractérise par des saignements. Le premier jour des règles est aussi le premier jour du nouveau cycle.

Figure 5 : Phase préovulatoire
Source : UVMaF
Figure 6 : Pic ovulatoire
Source : UVMaF

PHASE POST OVULATOIRE

Les  taux élevés de E2 et progestérone freinent la sécrétion LH FSH.

EN FIN DE CYCLE

Les sécrétions ovariennes chutent ce qui déclenche les règles.

Figure 7 :
Source : UVMaF

Au total,
A la naissance, le capital de follicules primordiaux est de 1 à 2 millions de follicules. Pendant l’enfance, il y a dégénérescence des follicules passant en nombre de 300.000 à 500.000 à la puberté.
Pendant la vie génitale, 400 à 500 ovulations vont se produire.  Chaque cycle correspond au recrutement d’un follicule qui sécrète E2, à sa rupture vers J 14 et à sa transformation en corps jaune. Ce dernier sécrète de la progestérone et  involue en 14 jours.

2/5