Introduction

  Le tégument (enveloppe du corps) est constitué par la peau et ses annexes, dont les multiples fonctions (protection, régulation thermique, réception sensorielle) dépendent de ses éléments constitutifs qui apparaissent au cours du développement. Les éléments dérivés se développent également pendant la vie foetale: les uns, les glandes cutanées restent intra-cutanés tandis que les autres, les phanères, sont apparents et caractérisés, comme l'épiderme par un processus de kératinisation.

1  -  Développement de la peau

     Dès la délimitation de l’embryon, à la 4° semaine du développement, l’ectoderme circonscrit complètement l’embryon et va se transformer en épiderme au cours du développement tandis que les couches sous-jascentes (derme et hypoderme) se différencient à partir des éléments mésenchymateux provenant du mésoblaste (cf. Ch. 4.3.3.3) .

1 . 1  -  L'épiderme

  •  Au cours du 2° mois du développement, l’épithélium simple d’origine ectodermique est le siège de nombreuses divisions cellulaires. Cette activité mitotique aboutit vers la 9° semaine à la formation d’un épithélium à deux couches, l’une profonde germinative, l’autre superficielle faite de cellules aplaties, le périderme.
  • - Au cours du 3° mois les cellules de la couche germinative donnent naissance à des cellules polygonales qui s’accumulent entre les deux couches primitives  et constituent une couche intermédiaire.  C’est à ce stade que l’ébauche de l’épiderme est colonisé
    •  par des cellules provenant des crêtes neurales, les mélanoblastes  (cf. Ch. 15 § 1.2.3.5), qui sont à l’origine des cellules pigmentaires (mélanocytes)  
    •  par des cellules provenant de la moelle osseuse et gardant un rôle immunitaire, les cellules de Langerhans.
  •  Au cours du 5° mois, la différenciation des cellules de la couche intermédiaire fait apparaître les cellules caractéristiques de l’épiderme appelées kératinocytes dont la stratification et l’évolution en plusieurs types cellulaires témoins de la kératinisation se précise pendant le dernier trimestre du développement fœtal. Au niveau des extrémités des membres (plante des pieds et pulpe des orteils, surtout paume de la main et pulpe des doigts) la surface de l’épiderme présente de fins bourrelets séparés de sillons qui dessinent des boucles, des arches et des volutes. Ces empreintes (dermatoglyphes), spécifiques pour chaque individu, dépendent de facteurs génétiques et mécaniques et sont fixées définitivement à partir de la fin du 5° mois de développement  Elles présentent un intérêt clinique (leurs anomalies peuvent être associées à certains syndromes dysmorphiques) et médico-légal.
    Jusqu’à la naissance, les cellules cornées de la couche superficielle de l’épiderme desquament en surface et constituent, avec la sécrétion des glandes cutanées (cf. infra § 3) et les cellules amniotiques, un dépôt, le vernix caseosa, qui assure la protection du fœtus contre la macération.
  • - Ultérieurement le renouvellement de l’épiderme est assuré par le maintien de l’activité mitotique de la couche basale (stratum germinativum) . Ce processus perdure après la naissance et assure la cicatrisation en cas de blessure.

1 . 2  -  Le derme

     Le tissu  mésenchymateux, provenant du mésoblaste latéral somatique (cf. Chap 4.3.2.3) ) et des dermotomes (zone périphérique des somites (cf. Chap 5.2.2.1) se développe au contact de l’épiderme. Au 3° mois du développement la ligne de jonction dermo-épidermique devient sinueuse avec la formation des papilles dermiques qui croissent vers la surface de la peau et séparent les zones profondes de l’épiderme (crêtes épidermiques). Ce tissu conjonctif est dense, riche en fibres collagène et en fibres élastique dans le derme papillaire, plus lâche en profondeur (derme réticulaire). Le derme est colonisé au cours de la vie fœtale par les mélanocytes migrant vers l’épiderme, par les vaisseaux  et par les fibres nerveuses du tact (cf. Chap. 16.1) .
A partir du 4° mois du développement, il est envahi par les ébauches des poils et des glandes sudoripares qui proviennent de bourgeonnements de l’épiderme (cf. infra § 2 & 3).

1 . 3  -  L'hypoderme

            Ce nom est donné à la couche la plus profonde du derme caractérisée par sa richesse en lobules graisseux. Ce tissu très souple permet le glissement de la peau sur les plans profonds.

     Des anomalies mineures du développement de la peau peuvent se révéler à la naissance en particulier les variations des plis palmaires et des dermatoglyphes (parfois associées à des dysmorphies) ou les anomalies de la pigmentation. Les autres anomalies, plus sévères, n’apparaîtront qu’au cours de l’enfance telles les dyskératoses.

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