1  -  Pour comprendre

Les femmes enceintes consommatrices de drogues illicites sont essentiellement des poly-consommatrices, combinant de façon très variable : 

  • des opiacés : héroïne et/ou méthadone ou buprénorphine-haut dosage, dans le cadre d’un traitement de substitution ou issues d’un trafic illicite ;
  • et/ou du cannabis et/ou de la cocaïne ou crack ;
  • et/ou des amphétamines ;
  • et/ou de médicaments détournés, benzodiazépines surtout ;
  • à ces consommations s’associent presque toujours un tabagisme et souvent des consommations plus ou moins importantes d’alcool.

Il est donc souvent difficile de préciser les effets propres de chacune des substances psycho-actives (SPA) consommées.

Le nombre de substances consommées influence fortement la survenue de difficultés périnatales (tableau 27.6).

Tableau 27.6 Influence du nombre de substances consommées en fin de grossesse dans une cohorte rétrospective de 167 nouveau-nés de méres polyconsommatrices.
         < 4 substances           ≥ 4 substances 
 Sans logement personnel 26 % 58 %
 Score de précarité > 2 57 % 82 %
 Enfants précédents placés

N moyen =
 0,18 0,55
 Bon suivi de grossesse 83 % 52 %
 Suivi en santé mentale 22 % 
Antécédents d’IVG

N moyen =
0,861,62
Prématurité17 %31 %
Score de Lipsitz > 913 %39 %

D’après Simmat-Durand L, Toutain S, Vellut N, et al. Polydrug use during pregnancy and first neonatal outcome datas in a French ten year retrospective study. J Neonatal Nursing 2012 ; 18 : 238–40.)Ces polyconsommations peuvent être associées à d’autres facteurs ayant une forte incidence sur le pronostic périnatal en termes de prématurité, de petit poids de naissance et de troubles de l’attachement mère/enfant : 

  • pathologies psychiatriques, de l’ordre de 30 % ;
  • comorbidités infectieuses : complications des injections (endocardites, septicémies,…), VIH dont l’incidence dans cette population a beaucoup diminué grâce à la politique de réductions des risques, et surtout hépatite C ;
  • « style de vie » : précarité, mode de vie chaotique, prostitution, incarcérations,… et grande fréquence d’antécédents de maltraitance dans l’enfance.

Cet ensemble peut aboutir à des grossesses non désirées, découvertes tardivement et mal suivies, avec une augmentation des risques de RCIU, de prématurité et d’hypoxie fœtale per partum.

Le pronostic peut être nettement amélioré par une prise en charge adaptée en tant que grossesse à risques, par une équipe pluriprofessionnelle formée, motivée et chaleureuse.

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