2  -  Première consultation du couple infertile

Selon la définition de l’OMS, Il est licite de commencer les explorations après 1 an d’infertilité, après s’être assuré de la régularité des rapports sexuels dans le couple. Pendant longtemps, il était admis qu’un bilan d’infertilité complémentaire n’était indiqué qu’après un délai de 18 mois à 2 ans de rapports réguliers sans contraception, car 80 % des couples auront conçu spontanément dans ce délai. Cependant, il faut savoir ne pas non plus faire perdre du temps au couple, surtout si l’âge de la femme est supérieur à 35 ans, ou si l’interrogatoire vous révèle des facteurs de risque d’infertilité (exemples : salpingite, cure de cryptorchidie dans l’enfance).

La première consultation pour infertilité doit absolument concerner le couple, car beaucoup de femmes consultent seules !

Le but de la première consultation va être de vérifier que toutes les conditions nécessaires à une fécondation naturelle sont réunies, de dépister des facteurs de risque et des pathologies qui pourraient retentir sur la fertilité et une future grossesse, de vérifier les vaccinations et de mettre en place des mesures de prévention préconceptionnelles (exemples : arrêt du tabac, régime, activité sportive).

Il faut préciser l’ancienneté de l’infertilité (souvent la date d’arrêt de la contraception), son caractère primaire (absence de grossesse dans le couple) ou secondaire (antécédent de grossesse dans le couple, quelle qu’en soit l’issue). Bien demander la fertilité antérieure du couple, mais aussi de l’homme et de la femme (exemples : IVG, GEU) avant leur vie commune.

Demander la fréquence des rapports sexuels dans un couple permet non seulement d’estimer les chances de grossesse spontanée, mais aussi de dépister une dysfontion sexuelle ou de mettre en lumière une conjugopathie.

  • son âge;
  • ses antécédents gynécologiques : gestité, parité, antécédent d’IST, de salpingite, antécédent de chirurgie pelvienne à risque d’adhérences (péritonite appendiculaire, myomectomie) ou de chirurgie ovarienne à risque d’insuffisance ovarienne;
  • la durée et la régularité de ses cycles pour rechercher un trouble de l’ovulation;
  • l’existence d’une dysménorrhée, d’une dyspareunie profonde pouvant évoquer une endométriose;
  • l’exposition à des toxiques : tabac, cannabis, alcool;
  • les antécédents médicaux pouvant retentir sur une future grossesse ou nécessitant une programmation de la grossesse : diabète, épilepsie, maladies auto-immunes;
  • des antécédents familiaux pouvant être héréditaires : pathologies génétiques, thrombophilies / antécédents thrombo-emboliques, ménopause précoce, cancer du sein, diabète...
  • l’existence d’un suivi gynécologique antérieur, la date de son dernier frottis cervico-utérin.

L'examen clinique précisera:

  • le morphotype, la taille et le poids pour calcul de l’IMC, recherche de signes cliniques d’hyperandrogénie (hirsutisme, acné);
  • un examen des seins avec recherche d’une galactorrhée s’il existe des troubles du cycle;
  • un examen gynécologique : malformation génitale, signes indirects d’endométriose (ex. : utérus rétroversé, douleurs au TV);
  • un frottis cervico-utérin de dépistage si le dernier date de plus de 3 ans.

B-Bilan clinique chez l'homme:

  • âge, profession (exposition à des toxiques, à la chaleur, aux pesticides ou polluants organo-chlorés);
  • prise de toxiques : tabac, alcool, drogues;
  • antécédents génitaux : ectopie testiculaire / cryptorchidie, torsion ou traumatisme testiculaire, malformations, infections (IST, oreillons), chimiothérapie, radiothérapie...

L’examen clinique sera complet et évaluera en particulier:

  • le morphotype, la taille, le poids, l’IMC, la pilosité, la recherche d’une gynécomastie;
  • un examen génital : varicocèle, verge, volume testiculaire (orchidomètre de Prader), présence des épididymes, des canaux déférents.
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