2. 2 - Les tumeurs bénignes

1) Les tumeurs bénignes d’origine dentaire

On distingue : les tumeurs épithéliales, les tumeurs mésenchymateuses et les tumeurs à double composante.
 
Les tumeurs épithéliales d’origine dentaire
 
a) Les améloblastomes
Les améloblastomes sont des tumeurs qui dérivent des améloblastes

Définition

La périphérie de la dent est faite d'émail au niveau de la couronne et de cément au niveau des racines. L'émail contient 90% de sels minéraux organisés en prismes, dérivant chacun d'un améloblaste. Pendant la vie intra-utérine, l'émail, substance la plus dure de l'organisme, est sécrété par les adamantoblastes ou améloblastes, cellules épithéliales d'origine ectodermique. Comme les odontoblastes, ce sont des cellules hautement spécialisées et polarisées.
(cellules de l’émail). Ces améloblastes ont perdu leur capacité à fabriquer de l’émail.
L’âge de survenue de cette tumeur est de 15 à 30 ans. Elle atteint la mandibule dans 85 % des cas, surtout dans la région angulo-mandibulaire.
Les améloblastomes se présentent cliniquement comme des tumeurs bénignes, à développement progressif, à point de départ endo-osseux. La tumeur finit par souffler les corticales et s’extériorise.

On note : douleurs, mobilité dentaire, éventuellement accident de surinfection et fracture spontanée, puis tardivement ulcération avec bourgeonnement tumoral au niveau de la cavité buccale.

Radiologiquement (Figures 4a, 4b, 4c), on observe :
 

Figures 4a, 4b, 4c : Améloblastome
Les améloblastomes ne sont pas entourés d’une capsule. Il existe des pseudopodes tumoraux intra-osseux s’infiltrant dans les canaux de Havers.
Après effraction corticale, l’envahissement des parties molles par la tumeur se fait par invasion et non par refoulement, modalités d’invasion des tumeurs malignes, ce qui fait que l’on considère que les améloblastomes sont des tumeurs bénignes à malignité locale. Il n’y a jamais de métastase dans les améloblastomes. En revanche, cette tumeur peut dégénérer en une véritable tumeur maligne : l’épithelioma adamantin, tumeur qui, elle, donne des métastases fréquentes, en particulier par voie sanguine. Le risque de dégénérescence est de plus en plus fréquent au fur et à mesure des récidives.
Le traitement est exclusivement chirurgical : exérèse en passant à distance de la lésion. Cette modalité sous-entend un bilan d’extension correct de la tumeur intra-osseuse, avec en particulier un examen tomodensitométrique et/ou IRM.
 
 
b) Les autres tumeurs épithéliales d’origine dentaire
Elles sont habituellement diagnostiquées sur l’examen anatomopathologique de la pièce opératoire.

Les tumeurs mésodermiques d’origine dentaire
On distingue :
Ce sont des tumeurs peu fréquentes, souvent de diagnostique fortuit sur radiographie.
 
Les tumeurs épithéliales et mésenchymateuses d’origine dentaire

Les plus fréquentes tumeurs de ce type sont les odontomes : il s’agit d’hamartomes

Définition

L'hamartome est une malformation tissulaire d'aspect tumoral, composée d'un mélange anormal d'éléments constitutifs normalement présents dans l'organe dans lequel ils se développent. C'est une malformation d'origine embryonnaire appelée également dysembryoplasie. Le tissu peut avoir un aspect normal mais son fonctionnement peut être altéré. La plupart du temps bénin, il peut être enlevé chirurgicalement s'il devient gênant. La complication principale, classique mais finalement rare (moins de 2 % des cas)[1], et concernant surtout les hamartomes cutanés, est la transformation maligne en carcinome, ce qui explique qu'on retrouve souvent écrit qu'il faille pratiquer une exérèse préventive de ces malformations. Actuellement, la conduite à tenir a changé et l'excision systématique n'est plus pratiquée. Une surveillance est suffisante. [2]L'hamartome de l'iris dans la neurofibromatose de type I s'appelle le nodule de Lisch. La maladie de Cowden est caractérisée par des hamartomes multiples disséminés dans tout l'organisme.
de survenue fréquente, en général avant l’âge de 20 ans.
Au premier stade, il existe des zones radio-claires bien délimitées, puis on note une individualisation progressive d’opacité de type dentaire aboutissant à une masse compacte très dense entourée d’un halo clair périphérique (Figures 5a, 5b).
Le traitement est l’énucléation chirurgicale simple.

Figure 5 : Odontomes
5a. Odontome complexe. 5b. Odontome composé.

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